jeudi 28 mars 2013
Je crois que je n'ai jamais réalisé à quel point tu faiblissais de jour en jour, beaucoup plus que je le croyais. Tu vois, pour moi te voir à l'hôpital était rendu normal, c'est triste à dire, mais c'est la pure vérité. La seule chose qui n'était pas normal ce coup-là, c'est que normalement, tu revenais à la maison, même si ton séjour était plus long que la dernière fois. Chaque fois tu revenais. Et là, non. Moi je croyais que cette fois-là était une fois comme les autres, tu comprends? Je ne saisissais pas l'ampleur de la chose. C'était rendu une habitude pour moi de me dire: «Elle va s'en remettre Amélie, elle le fait toujours, avec beaucoup de courage.» Mais je me suis trompée. Et je crois que c'est ça qui m'a fait le plus de mal: le fait que je n'ai pas pu commencer à faire mon deuil alors que tu étais littéralement en train de t'éteindre devant moi. Je m'en veux de ne pas l'avoir vu venir. Je m'en veux maman, tu saisis ce que je te dis? T'étais censée revenir. T'étais censée être capable de combattre. T'étais censée rester auprès de moi encore bien longtemps, parce que maintenant, je n'ai pu accès à tes conseils. Parce que maintenant, je dois me débrouiller seule, alors qu'avant, je m'appuyais entièrement sur toi. Je n'avais pas terminé d'apprendre maman. J'avais encore besoin de toi. Et je ne comprends pas lorsque les gens me disent que je vais m'en remettre. C'est impossible, parce que je tiens trop à toi. Je t'aime, et j'aurais vraiment besoin de te parler en ce moment et d'un gros câlin. J'espère que tu es quand même fière de moi, ça me consolerais un peu de te l'entendre dire.
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