mercredi 14 mars 2012

À certains moments, j'ai l'impression que c'est impossible; il me semble que maman ne peut pas être morte; à d'autres, j'ai le sentiment qu'elle est morte depuis très longtemps et que je n'ai jamais cessé de ressentir depuis cette horrible douleur qui m'accable. Les larmes me soulagent un peu de cette douleur terrible. C'est la même chose pour toi, Julien, à ce que je vois. C'est notre peine, à tous les deux... il faut la partager. Qu'allons-nous devenir sans elle? Réussirons-nous aussi bien que si elle serait là, à nos côtés? Où trouverons-nous toutes les réponses à nos questions désormais? Saurons-nous la rendre fière? Les mêmes questions se bousculent dans notre esprit, mais personne ne peut y répondre. Je trouve carrément inconcevable que l'on puisse continuer à vivre ainsi notre train-train quotidien sans maman, cette femme merveilleuse qui m'a toujours été indispensable... et qui l'est toujours d'ailleurs. Je me sens mal à l'idée de rire, alors qu'elle, elle ne peut plus. Je trouve fort déplacé que quelque chose me plaise alors que maman n'est plus là pour partager avec moi ce plaisir. J'ai presque l'impression de manquer de dignité dans le chagrin lorsque j'ai un petit instant de bonheur. J'ai cru que je ne rirais plus jamais. Et pourtant, il semble que je doive encore rire. Que je dois vivre ma vie le plus fidèlement possible et la rendre fière de moi. Et donc, je dois être heureuse... car c'est ce qu'elle désirait plus que tout et c'est ce qui la rendait heureuse elle-même. Quand elle était encore parmi nous, elle aimait me voir sourire, m'entendre rire. Elle est partie, voilà tout; mais ma joie lui fait toujours autant plaisir. Du moins, c'est ce que je crois et c'est ce qui m'aide à me motiver.



Et voilà un moment capturé lors de notre dernier noël passé les quatre ensemble en 2002... un bon souvenir que je n'oublierai jamais.

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